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ARCHITECTURE DE L'HABITAT
COPYRIGHT: 2000
RÉALISATION: Michel QUINEJURE, Marie FRAPIN, Michel LE BAYON, Alain
MOREAU
AUTEURS: Monique ELEB, Thérèse EVETTE, François LE BAYON, Chantal SOYER
FORMAT: Beta SP
DIFFUSION: Beta SP
DURÉE: 10 x 26 minutes
NATURE: Série Documentaire
PRODUCTION: France 5, Lieurac Productions
PARTICIPATION: Centre National de la Cinématographie, Ministère de la
Culture et de la Communication (Direction de l'Architecture et du Patrimoine,
Délégation au Développement et à l'Action Territoriale), Agence Nationale
pour l'Amélioration des Conditions de Travail
Au nom de l'urgence de l'après-guerre, d'une démographie
exponentielle et de la nécessité politique d'un logement pour tous, de
graves erreurs sur l'habitat et les équipements collectifs ont été commises
depuis 50 ans. On connaît tous maintenant les limites et les conséquences
d'un habitat et d'équipements conçus en dehors de toute compréhension
des besoins évolutifs de l'usager. Pourtant, depuis quinze ans, d'erreurs
en écoutes, d'études en tâtonnements, petit à petit, l'habitat social
et individuel, les équipements collectifs, les lieux de travail ont bénéficié
d'améliorations considérables.
A travers la journée ordinaire d'une famille lambda, nous parcourrons
nos propres existences quotidiennes, mais chaque geste, chaque occupation,
chaque déplacement sera prétexte à montrer qu'il existe, en terme de bâti,
des solutions adaptées, disponibles et accessibles à tous les usagers,
en France comme à l'étranger.
Première émission: Qu'est-ce qu'habiter ?
Deuxième émission: Intérieurs: une petite histoire
Troisième émission: Evolution du collectif
Quatrième émission: Innovations
Cinquième émission: La maison pour tous
Sixième émission: La maison sur mesure
Septième émission: Des habitats spécifiques
Huitième émission: Le confort au XXème siècle
Neuvième émission: Des espaces du travail
Dixième émission: Réhabiliter
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QU'EST-CE QU'HABITER ?
La surface moyenne des logements n'a cessé d'augmenter
au cours du siècle et pourtant les Français rêvent toujours d'une pièce
en plus. Ceux qui manquent de lumière mettent en avant ce critère pour
évaluer le confort auquel ils aspirent. Le confort est une notion subjective.
De plus en plus d'activités qui se passaient à l'extérieur ont aujourd'hui
le logement comme scène : télévision alternative au cinéma, musique chez
soi, soirées amicales ou familiales, voire travail. La maison est devenu
le lieu de loisir le plus courant dans la plupart des groupes sociaux.
Le premier critère de choix du logement aujourd'hui est le quartier :
côtoyer ses pairs et offrir à ses enfants une scolarité en accord avec
ses valeurs. Les phénomènes de distinction sont à l'œuvre dans l'habiter.
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INTÉRIEURS : UNE PETITE HISTOIRE
Les premières transformations de l'habitat du Moyen
Age touchent l'intérieur et sont liées à l'émergence du désir d'intimité.
Le couloir qui permet de dissocier les activités et les antichambres qui
protègent l'intimité apparaît. Le développement des villes à la fin du
XVIIIe siècle entraîne un phénomène nouveau : jusqu'alors un seul groupe
domestique habitait une maison, désormais l'habitat se superpose et l'immeuble
d'appartements à loyer apparaît ; plusieurs groupes domestiques occupent
donc le même terrain. Les appartements se différencient selon le statut
du locataire et une hiérarchie des étages se met en place, ce qui se lit
sur la façade.
L'arrivée des objets du confort touche d'abord les nantis : ascenseur,
eau courante, gaz puis électricité, chauffage central, téléphone. Les
objets du confort se diffusent lentement dans l'habitat des différentes
couches sociales. Tours et barres - l'urbanisme contre la ville. Production
industrielle de masse. A de rares exceptions près, on oublie l'art de
vivre au profit d'une idée de confort normé, mesurable et pour tous.
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ÉVOLUTION DU COLLECTIF
Les grands ensembles ont été fondés sur
l'élimination de la rue, la densification en hauteur pour libérer le sol
et créer des espaces verts. Trop souvent les équipements prévus (transports,
commerces, espaces verts) n'ont pas été construits. Ce sont les cités
dortoirs.
Mai 1968 introduit une critique de la perte d'identité dans les grands
ensembles, mais si les réflexions sur le logement continuent, elles concernent
peu d'architectes. De nos jours, l'architecture innovante est aujourd'hui
celle que l'on retrouve dans le logement social grâce à des commanditaires
et de rares architectes passionnés par ce logement. Certaines équipes
font des logements de qualité issus d'une réflexion complexe sur la société
en évolution et ses modes de vie.
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INNOVATIONS
Dans les immeubles, les espaces de transition
ont été retravaillés : cours traitées en jardins, halls d'entrée accueillants,
paliers éclairés, etc. Dans les appartements, la transformation d'espaces
de service en espaces principaux : la cuisine à agrandir car lieu de sociabilité
de la famille. La salle de bain pièce à vivre, à agrandir et éclairer.
Le séjour est à repenser car il accueille trop d'activités en même temps.
Les chambres trop petites pour être une alternative au séjour et recevoir
ses intimes. La chambre d'enfant, pièce polyfonctionnelle.
La grande tendance est de donner au collectif les qualités de l'individuel.
D'autre part, la situation des grands ensembles, la peur de la ghettoïsation,
ont conduit des maîtres d'ouvrage à proposer une mixité sociale. Elle
prend deux formes : construire côte à côte des immeubles accueillant différentes
classes sociales, mêler dans un même immeuble des groupes sociaux diversifiés.
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LA MAISON POUR TOUS
53 % des Français vivent en maison individuelle,
l'idéal de l'habitation pour la plupart d'entre eux. Mais, la maison banale
dans un lotissement est bien éloignée du rêve de la maison idéale et la
peur que la maison d'architecte coûte plus cher ou entraîne des dépassements,
fait que le Français se tourne vers les constructeurs qui lui donnent
des prix garantis, "clef en main", et règlent les problèmes administratifs.
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LA MAISON "SUR MESURE"
Spécificité française : le reste de l'Europe continue
à commander des maisons contemporaines aux architectes. En France, le
refus de la maison moderne par les futurs habitants est un phénomène de
l'après-guerre. Et pourtant, quelques remarquables contre-exemples à la
maison "produit" existent en France : la villa Savoye de Le Corbusier,
la villa Dall'Ava de Rem Koolhass, la Maison Latapie de Lacaton-Vassal
à Bordeaux, quelques-uns parmi les exemples montrés.
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DES HABITATS SPÉCIFIQUES
Recrudescence de l'intérêt pour le logement
des jeunes et des célibataires, l'habitat étudiant, évolution des théories
sur les équipements. L'habitat de transition pour travailleurs.
L'habitat pour personnes âgées : c'est souvent un habitat adaptable, transformable,
proche des caractéristiques des logements pour handicapés. On est passé
des maisons de retraite comme seule solution hors de la famille à une
diversité de solutions jusqu'au village ou à la ville équipés.
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LE CONFORT AU XXe SIECLE
Au cours du XXe siècle, la notion de confort sera
passée de l'expression d'un sentiment qualitatif, subjectif, à une notion
mesurable, objective, liée à l'idée d'équipement de la maison et de progrès.
Elle met donc en question le rapport de la société au corps : conception
du bonheur promue dans les années cinquante et liée à la possession des
objets, des équipements (allégement du travail ménager libérant la femme,
maîtresse de sa maison hygiénique).
En ce début du XXIe siècle, de nombreuses activités
extérieures se retrouvent aujourd'hui privatisées, "internalisées" dans
l'habitation et les appareils liés aux loisirs ou au travail dans la maison
se multiplient : radios individuelles, postes de télévisions dans le séjour
et dans la chambre d'enfant, ordinateurs personnels, etc. Ces nouveaux
modes de vie exigent plus d'espaces qualifiés, tenant mieux compte des
pratiques et des nouveaux rituels.
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ESPACES DU TRAVAIL
L'architecture n'est ni un couvercle ni un décor
de l'activité. Elle organise la division du travail et montre à chacun
son rang dans l'entreprise ; elle manifeste la place du travail dans la
société. L'aménagement de l'espace est aussi un des outils du développement
des entreprises.
Le film présente un ensemble de bâtiments historiques ou récents (usines,
bureaux et laboratoires de recherche) en France et à l'étranger, qui témoignent
de l'évolution conjointe de l'architecture, des formes du travail et de
l'entreprise. La parole des experts et celle des personnes qui vivent
et agissent dans les lieux de travail se répondent et font apparaître
les enjeux économiques, sociaux et symboliques de la conception de l'espace
de travail. Le film confronte l'image figée de l'architecture "de magazine"
et les images qui illustrent la perception de l'espace : le libre parcours
du regard subjectif à l'intérieur du bâtiment, rebondissant sur les multiples
scènes que proposent les formes, les lumières et les matériaux de l'architecture
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REHABILITER
L'idée directrice de la réhabilitation consiste
à conserver ce qui peut l'être et à le remettre en bon état. Pour les
grands ensembles, il s'agira principalement de les améliorer et de moderniser
l'intérieur des logements ou les agrandir.
Cette réhabilitation s'accompagne le plus souvent d'une réhabilitation
urbaine qui a consisté à restructurer le tissu urbain, reconstituer des
rues, donner un statut plus clair aux espaces extérieurs. L'avenir est
à la réhabilitation dans les grandes villes où se raréfient les terrains
vierges.
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